MARIAGES

Je ne sache pas que la musique tombe du ciel ou prend naissance dans un autre monde. Elle vient des hommes, d’ici-bas, et elle y retourne.

Généralement, quand on a sur youtube une succession d’images pour accompagner un morceau de musique – excusez-moi du terme – elles sont tartes au possible ou sans rapport intime avec la musique, et quand c’est un petit film qui l’accompagne, ils sont faits pour aller ensemble comme une carotte et un chapeau.

Aussi, moi qui essaie d’évoquer ou d’expliquer les impressions, les sensations, les émotions, les mouvements qui me traversent quand j’écoute de la musique, d’approfondir l’univers qu’elle crée, je ne peux qu’approuver les mariages un peu plus inspirés, un peu plus élaborés que je trouve sur youtube pour accompagner un morceau . Comme celui qui suit..

Ce serait bien s’il y en avait beaucoup et de grande qualité. Accompagner ne veut pas dire expliquer ou concrétiser, compléter ou enrichir. C’est juste stimuler. Et on n’est pas obligé de regarder. Les sons n’ont pas besoin de nous pour venir jusqu’à nous.

Je positionne un peu avant pour mettre dans l’ambiance.

https://youtu.be/pwsMh-uvKxk?t=839

Publié dans : Images | le 24 juillet, 2020 |Pas de Commentaires »

LE PARAÎTRE

Politesse et bonnes manières, prestance et élégance, délicatesse et raffinement, les hommes font du sublime avec tout, avec de l’art ou du sordide, du luxe ou de la misère..

https://www.chateauversailles-spectacles.fr/programmation/la-serenade-royale-de-la-galerie-des-glaces_e2297

https://youtu.be/0QZtK6DN4bw?t=1176

Publié dans : Corelli | le 23 juillet, 2020 |Pas de Commentaires »

LE CYCLE

L’aube, en pleine nature.

Le gris commence à se colorer.

Autour, des phénomènes à peine perceptibles.

Sans cesse de nouveaux bruits, de nouvelles lueurs

l’éveil se précise, s’amplifie

parfois, il s’emballe

ciel de plus en plus clair

on va vers le jour

on va vers la vie

un cycle impertubable

infinie douceur et infinie dureté

tout est jeune

mais instantanément jeune

et déjà le sentiment d’une fin à venir

s’épanouir et se consumer en même temps

la vie, comme le sang, s’écoule goutte à goutte

le mystère vous emporte

https://youtu.be/xo5AFX0216A?t=35

Publié dans : Beethoven | le 22 juillet, 2020 |Pas de Commentaires »

PIETINER OU AVANCER

L’écho lointain et assourdi de quelque tam-tam me parvient depuis mon poste d’observation du ciel et de la terre. Ce tam-tam fait penser à quelque tribu primitive qui annonce son départ en guerre, et quand le silence se fera on s’attend à voir des hordes hurlantes déferler.  A moins qu’ils s’agisse du rythme sinistre d’une cérémonie de préparation d’une victime pour le sacrifice. Et quand il s’arrêtera, le sort sera jeté. Ou bien est-ce tout simplement une grosse machine trépidante, soufflante et son imperturbable martèlement. Mais 2 coups rapprochés et un coup un peu séparé et plus sourd, à notre époque et en ce lieu, je pense plutôt à une musique moderne fabriquée par des moyens modernes. Partons.

Troisième mouvement du concerto pour piano 2 de Saint-Saens.

Il faut donner beaucoup de rythme, suggérer une continuité sans rien escamoter. Une performance pianistique.

Lancé pour aller aussi vite que possible, pour essayer d’accélérer encore. Passer au milieu, frôler, retrouver les grands espaces qui permettent bonds et trajectoire rectiligne.

Les notes sont doublées ou triplées et accompagnées plus discrètement de l’autre main par des sortes de vibrations pour bien indiquer qu’on ne se déplace pas dans le vide. Il y a comme des échos dans le sol ou un sillage. pour évoquer des contacts

Il faut de la fougue, beaucoup d’enthousiasme, pour soutenir cette course folle.  

https://youtu.be/4Ndbwuyt_0g?t=1059

Publié dans : Saint-Saens | le 22 juillet, 2020 |Pas de Commentaires »

DEPAYSEMENT

On peut avoir une sorte de culte de la musique, ajoutée à une sorte de culte du compositeur, ajoutée à une sorte de culte du soliste ou du chef d’orchestre. Dans ce cas, on va plutôt dans de grandes salles de concert pour goûter au prestige et à la sublimité attendues. Le lieu est comme un temple où l’on célèbre le culte. Et par défaut, on peut se rendre dans une église pour écouter dévotement du Bach

Mais si on est un peu moins puriste, si on est indulgent et gentil avec les musiciens et avide de fraîcheur, on peut écouter de grands morceaux joués par des musiciens non-célèbres, dans des décors plus ordinaires, plus naturels. C’est une sorte de double dépaysement : dépaysement du lieu ou du décor et dépaysement de l’habitude ou de l’état d’esprit. .

Plus de liberté dans la musique que dans les mots comme indiqué dans l’article précédent. Mais aussi, elle crée un autre monde que le monde réel, un univers différent en mouvement,

C’est simple, en tant que forme et phénomène physique, elle suggère des ondulations, des vibrations, des nappes, des explosions, des fusées, des souffles, des tourbillons, des surfaces, des sautillements, des frémissements, des chutes, des rotondités des éclosions etc, Ce sont bien des formes, et des formes qui se déplacent. On peut imaginer les voir avec nos yeux.  Dans un décor naturel, insolite, incongru, ces formes se marient, jouent les autres ou contrastent avec elles. Que vaudrait-il mieux, entendre la rhapsody in blue dans une salle de concert, au coeur de New-York, dans un parc ou dans un désert ?

https://www.youtube.com/watch?v=ynEOo28lsbc

Que vaudrait-il mieux, entendre ce 3eme mouvement de Vivaldi qui suggère, comme souvent des parois, des surfaces ou des formes vibrantes, miroitantes, un monde en perpétuel oscillation, rebond, et des jets, dans une salles de concert, en ville, dans une usine, au milieu d’une grande plaine?

https://youtu.be/xWaonxGq4rU?t=357

Enracinement (la musique classique n’a aucune racine ?)

https://www.youtube.com/watch?v=ULQV3PqxKhw

Publié dans : Vivaldi | le 21 juillet, 2020 |Pas de Commentaires »

EN LIBERTE

Quand vous êtes dans un certain état d’âme et que vous vous mettez à chantonner, tout à fait spontanément, sans aucun souci de donner une bonne forme à ce que vous émettez comme sons, ils sont empreints de l’état où vous êtes. C’est une libre expression. En revanche, si vous vous avouez ou si on vous dit, par exemple, morose, aussitôt, des tas d’obligations s’abattent sur vous. Il faut justifier le mot, des tas d’autres idées associées viennent se greffer et faire pression. Vous vous êtes, en quelque sorte, engagé, sans compter que ce mot ne collera probablement pas exactement à ce que vous éprouvez;

Mais non seulement l’émission spontanée de sons à vocation musicale ne vous engage pas comme cela, mais en plus, le passage à de la musique, de par la nature de la musique, fait que ce que vous exprimiez se déploie, un peu comme un pliage savant destiné à cela, c’est une façon de sortir de son repli sur soi, de ses limites personnelles.

On peut considérer que la musique c’est cela en plus grand, plus puissant, plus riche, plus beau.

Ici, sans parler du violoncelle, même le violon, est pluôt sombre, l’intérieur est comme un décor sombre avec de vieilles boiseries, des meubles austères . Le piano, lui, le plus souvent clair, entre sur la pointe des pieds, et essaie gentiment d’éclairer, d’égayer, ce décor et d’entraîner ceux qui s’y trouvent par son optimisme, son assurance. Partage de sentiments, parfois les cordes se laissent un peu entraîner sans perdre leur morosité ou leur sérieux naturels, parfois le piano épouse momentanément la lourdeur des cordes;

Passionnants silences, pauses qui nous font nous demander ce qui va arriver. Passionnant contraste.

Deuxième mouvement du piano quartet n1 de Mozart

 https://youtu.be/FpK1tjbeeA0?t=657

Publié dans : Mozart | le 20 juillet, 2020 |Pas de Commentaires »

CONSOLATION DITES-VOUS ?

Peut-être

Une sorte de bénédiction, cette musique ! (jouée comme cela en plus) 

Une pause dans le pathétique de la sonate

Les bras nous en tombent, et plus que les bras, on a envie de se laisser aller.

D’ailleurs, vous sentez immédiatement que l’atmosphère change , comme si celle dans laquelle joue la pianiste passait chez vous.

La mélodie parait tellement évidente, elle paraît tellement aller de soi qu’on ne pense pas qu’elle ait été élaborée par quelqu’un

Au rythme régulier de la mélodie s’ajoutent des notes qui toutes touchent juste, nous atteignent dans notre intimité

Elle répond d’abord aux doutes, à l’interrogation, à la perplexité, à l’angoisse, puis aux tourments, aux obsessions

C’est l’apaisement personnel et profond retrouvé.

Eternelle consolation ? Pas de besoin d’être consolé pour la savourer

https://www.youtube.com/watch?v=6UJzREv_XfM

Publié dans : Beethoven | le 19 juillet, 2020 |Pas de Commentaires »

WE ARE WHAT WE ARE

et par exemple, ceux qui aiment ou ceux qui n’aiment pas.

Je doute que vous soyez du genre à vous ficher éperdument de ce que les autres – tous les autres, quels qu’ils soient – pensent de vous, et que vous vous moquiez complètement de ce que les autres – tous les autres, quels q’ils soient – voudraient que vous soyez dans quelque domaine que ce soit. Si c’est le cas, c’est que vous vivez sur une île déserte. Ce que vous êtes et ce que vous faites doit s’intégrer dans la société, être en conformité avec elle.

En musique, ce n’est pas la même chose puisqu’elle ne dit rien, qu’elle est en amont des mots, des idées, des valeurs . Comment pourrait-elle contredire une société ou un ordre établi  ? On cherchera pourtant à la faire revenir dans le giron d’une culture, et le mélomane aussi. Vous n’avez pas vraiment le droit de ne pas aimer tel compositeur qui est panthéonisé, vous devez donner à telle œuvre, tel sens, vous devez rattacher tel compositeur à tel mouvement, telle école etc La musique est remplacée par les discours savants sur la musique.

Mais ne vous inquiétez pas, c’est beaucoup plus basique. Si vous aimez tel passage, c’est qu’il vous correspond, c’est qu’il vous reconnaît. Et vous pouvez être ce que vous êtes. Peu importe le reste. Si cela ne vous parle pas, soit c’est parce que cela ne vous ressemble pas, soit c’est parce que cela ne correspond pas à l’état où vous êtes.

Ainsi parfois, des morceaux de musique remontent inexplicablement. Il peut être intéressant, cependant, de comprendre pourquoi ils vous plaisent et de ne pas en rester à l’impression première, c’est aussi mieux vous comprendre. .

Par exemple, j’ai toujours aimé la volonté qui se dégage de ce troisième mouvement du concerto 5 de Beethoven,. On la sent refluer, diminuer puis revenir et éclater en dégainant ses séries, en renouvelant ses assauts  Ce sont ces allers-retours, ces variations d’énergie qui sont captivants pour moi. Permission de changer brusquement d’humeur. C’est là que l’on juge une interprétation., selon qu’elle est tiède ou jubilatoire. Il faut dégager de la force. Moyen :

https://youtu.be/kPexcfMZpLs?t=655

Mieux

https://youtu.be/d0rKfxFguH4?t=1883

Publié dans : Beethoven | le 18 juillet, 2020 |Pas de Commentaires »

POUR CHOPINISTES INCONDITIONNELS

J’aime cette succession de pianistes, cette succession de décors, d’ambiances et de lumières, cette succession de styles

Je trouve intéressant les thèmes proposés

je trouve aussi intéressant cet assemblage de moments musicaux

j’aime que l’esprit et la musique de Chopin soient mises à l’honneur

j’aime un petit peu moins Lisiecki, Hamelin et Arishima, un peu besogneux.

Il y a de grands absents

Une idée à exploiter et une sélection à améliorer

https://www.youtube.com/watch?v=-sYgtlMDW4E

Publié dans : Chopin | le 17 juillet, 2020 |Pas de Commentaires »

ENVOL

Quand vous écoutez cela, vous vous souvenez peut-être du spectacle que vous avez vu, vous vous laissez peut-être bercer par le romantisme en même temps que par tous les sentiments, les espoirs, les élans du coeur, les enthousiasmes qui caractérisent les hommes et que cette musique réveille. Vous pouvez aussi imaginer que vous entrez au Bolchoï comme visiteur privilégié, et en même temps que vous entendez cela dans votre tête, vous assistez aux préparatifs, vous participez à l’ambiance – concentration et vivacité – vous partagez l’émoi de tous ces jeunes ou très jeunes danseurs qui se préparent à faire leur prestation, vous savourez l’excitation , vous vous délectez de tout ce monde humain en éveil accéléré. Vous trouvez que la musique colle très bien aussi à ce qui se passe dans tous ces coeurs.

Elle est là, elle les appelle, elle les transporte, elle leur promet bien des joies, elle les porte sur son dos.

https://www.youtube.com/watch?v=CShopT9QUzw

Publié dans : Tchaîkovsky | le 17 juillet, 2020 |Pas de Commentaires »
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