UNE HISTOIRE DE NOTES

Et une question de flux. Voici une interprétation du concerto en fa mineur de Chopin assez singulière pour être relevée. C’est sûr que Shio Okui ne donne jamais l’impression de dérouler son affaire. Elle interroge. Pour ou contre ?

Pour , c’est sûr, le sens musical. Contre (détailler ?ne faut-il pas qu’elle pose un peu ses mains ), à vous de voir, mais il n’est jamais bon de camper pour toujours sur ses positions.  Tout va dépendre de son évolution, cela va peut-être s’éclaircir. En tout cas, un Chopin différent de ce qu’on a l’habitude d’entendre . Et des notes remarquées.

https://www.youtube.com/watch?v=x5kS4QuIJVA

Publié dans : Chopin | le 6 avril, 2019 |Pas de Commentaires »

ROMANTISME DISTINGUE

Il suppose, de la part du compositeur et de l’auditeur, de l’éducation, de la distinction, de la délicatesse et certainement de la galanterie.

Mais cela n’exclut pas la passion comme en témoignent ces deux morceaux de Mendelssohn et de Chopin. (Rondo et Ballade)

https://www.youtube.com/watch?v=JqQvGqpr428

mettre le curseur à 24 mn, 05    https://www.meloman.ru/concert/fortepiano-2019-11-19/

Publié dans : Chopin, Mendelssohn | le 6 avril, 2019 |Pas de Commentaires »

TROIS ENTREES TONITRUANTES

de concertos pour piano, à des degrés quelque peu divers sans doute.

Au sommet, celle du concerto 1 de Brahms. On peut dire que dans ce premier mouvement, ce sont nos nerfs, notre carcasse, notre épiderme qui sont concernés. L’idéal serait d’être en situation d’avoir des frissons en l’écoutant. Ce coup de tonnerre est une mobilisation générale.

https://www.youtube.com/watch?v=AVejU0aTQCs

Le premier mouvement du concerto pour piano de Grieg se passe entre deux pôles diamétralement opposés. L’entrée est l’affirmation éclatante de l’un des deux. Il s’agit d’une lutte entre une bête, justement, et un ange, entre la tempête, et un temps idyllique, entre la force brute et la douceur .Souvent les pianistes ne mettent pas assez en lumière ce contraste en loupant les reliefs.

https://youtu.be/CWfNS2hnG-4?t=23

Opposition entre un monde sévère, cérémonieux, imposant – ce qu’exprime cette entrée en matière de l’orchestre et tout ce qui suit – et l’instrument qui va essayer de l’amadouer en montrant sa fragilité.

https://www.youtube.com/watch?v=-ZyLYZw2PN8

Publié dans : Brahms, Grieg, Mozart | le 5 avril, 2019 |Pas de Commentaires »

DOUBLE ET TRIPLE

Comparons le deuxième mouvement du triple concerto de Beethoven au deuxième mouvement du double concerto de Brahms (même s’il manque un piano à ce dernier, ce qui n’est pas rien)

Le but n’est pas de porter un jugement de valeur mais de dire quelques mots sur la façon dont ils peuvent être reçus.  

Beethoven : https://www.youtube.com/watch?v=kU4JOIjNyWI

Rarement on a vu un Beethoven aussi sombre, aussi triste. Pourtant cela succède à un premier mouvement qui ne manque pas d’allant et d’énergie. Il a des accents émouvants voire poignants. Sa gravité nous saisit en profondeur Heureusement le mouvement général peut nous donner l’élan nécessaire pour prendre notre essor.

Brahms : https://youtu.be/xdRZaruVQU0?t=1022

Très vite il ouvre des perspectives en même temps qu’on est charmé, calmé par la mélodie un brin surannée. A l’optimisme du violon répondent cependant des accents exagérément graves et soucieux du violoncelle. La tonalité générale est grave. On pense aux rêves mêlés de résignation de personnes d’un certain âge et non au romantisme juvénile .

Publié dans : Beethoven, Brahms | le 4 avril, 2019 |Pas de Commentaires »

LES SILENCES

Vous savez, les silences que les médias détestent. (c’est déjà du vide, de la vacuité, alors si on ajoute du silence, vous pensez…)  

Si on faisait un sondage en demandant ce qui parle le mieux de la vie entre l’architecture, la sculpture, la peinture, la photographie, la littérature, le cinéma, la musique, il y a des chances, selon moi, que la littérature, le cinéma et la musique arrivent en tête.

Mais maintenant, si on vous demandait de descendre plus profondément en vous, là où c’est très intime, et de dire ce qui épouse le mieux ce qui germe au plus profond de votre conscience, la musique a des chances d’arriver en tête car n’ayant nul besoin de contexte et de justification, elle prend toutes les formes qu’elle veut . Mais c’est surtout le cas de celle qui n’a aucun souci de peindre ou d’évoquer des choses extérieures , ni même de mettre des normes esthétiques en valeur.

Dès qu’il y a du silence, un silence inattendu, un silence expressif, un silence habité, la musique devient autre chose. C’est de sa faute. C’est lui

 mozart

qui a commencé à faire de la musique un moyen d’expression personnelle et à mettre des silences variés partout.  

https://youtu.be/m_WFZXjIUfw?t=340

Publié dans : Silence | le 3 avril, 2019 |Pas de Commentaires »

LE BONHEUR

Si le bonheur pouvait parler, comment le ferait-il ?

L’expression du bonheur revient surtout à la mélodie. On n’oublie pas un moment de bonheur, une belle mélodie non plus.

Elle doit lui ressembler et exprimer quelque chose comme l’harmonie, le bien-être, la douceur, la beauté. Elle doit nous envahir tout naturellement et nous illuminer

L’émotion qui l’accompagne ne peut qu’être de nature à nous détendre, nous apaiser., nous faire flotter.

Le monde aussi devient merveilleux. Dans un concerto, l’instrument et l’orchestre sont à l’unisson.  

Petite séquence https://youtu.be/n-gCf0nmDH8?t=687 → 12 mn 55

https://youtu.be/UFl9xuYP5T8?t=1290 —>fin du mouvements 

Mais comment ne pas vouloir introduire un piano – lui seul sait parler au coeur comme il le fait – et l’associer à des violons et un orchestre qui jouent en sourdine 

Un court moment de bonheur. Ecouter seulement : https://youtu.be/RhBq8SO1F88?t=454  jusqu’à la fin du mouvement

Publié dans : Bonheur | le 3 avril, 2019 |Pas de Commentaires »

CLASSIQUE ? ! ?

Glissements progressifs du plaisir  

De la musique avec toute chose.  C’est l’époque des sports d’hiver. La nuit tombe et attendrit tous les contours. Dans le chalet, un feu crépite doucement dans la cheminée. Il ou elle est confortablement assis(e) dans un canapé moelleux tandis qu’il ou elle est allongé(e), la tête contre lui ou elle. Le chat ne doit pas être loin qui ronronne. Tandis que il ou elle se met à lui caresser doucement les cheveux, de l’autre main, d’un geste, il ou elle passe en sourdine, successivement, ces deux morceaux 

https://youtu.be/s2xMJ1t6QeE?t=4802

https://youtu.be/CjrM9l4AsXE?t=1806

Publié dans : Plaisir | le 2 avril, 2019 |Pas de Commentaires »

HORSLEMONDE

Dans les pensées, il y a les lois, les obligations, les devoirs, les rapports de cause à effet, la logique (cette dernière ne s’estompe que dans les rêves). Elles ont un réel pouvoir sur nous. Elles nous rappellent sans cesse que le monde est là qu’on ne peut pas évacuer. Il y a aussi des images de soi et des autres qui nous posent des problèmes. . Les pensées, c’est le monde. Elles nous enchaînent. Rien de tout cela dans la musique à part quelques règles esthétiques en vogue . Aucun devoir ou compte à rendre. Aucune logique, vraisemblance à respecter. Aucune idée à vénérer. Aucun objectif à poursuivre, aucune projet. Aucune menace, aucune blessure. Aucun problème avec l’image de soi. Aucune réalité à prendre en compte. Aucune comédie à jouer. C’est une autre temporalité. C’est pourquoi il est bon qu’il n’y ait aucune pensée associée à la musique.

Le corps, dont elle part, devient autre chose. Il est transfiguré. Le souffle devient ceci :  https://youtu.be/rtNfQDBXt_w?t=768

ou cela. https://www.youtube.com/watch?v=5h_diBHufMs

Le coeur peut battre comme cela, calmement :  https://youtu.be/tAhVaWukXRY?t=732

La voix devient ceci :  https://youtu.be/82XtoaW0vws?t=177

Les sensations, émotions, impressions, sont tirées vers le haut et deviennent autre chose. Les sentiments (mélodie) et émotions (éléments musicaux) ne font plus qu’un par exemple là https://youtu.be/HKlzjHEUl8I?t=324  

C’est dans une autre sorte de corps mais en rapport avec le premier que cela se passe. Tout devient plus libre, plus pur comme l’air des montagnes. Toute pensée le pollue. Dans la musique (digne de ce nom) la référence, la source, c’est soi-même voire l’espèce humaine et non je ne sais quel ordre social ou politique momentané et foireux.

Publié dans : Musique | le 1 avril, 2019 |Pas de Commentaires »

DULCINEE

Schubert : impromptu in g flat op 90  

La mélodie, c’est toujours ce que l’on se rappelle le plus facilement, ce qui reste le plus longtemps en mémoire, quitte à gommer toutes les nuances, tous les détails qui lui donnent sa valeur.. Mais même quand la mélodie a été oubliée, c’est la façon dont elle nous a touchés qui reste mystérieusement gravée quelque part. .

La mélodie exprime plutôt les sentiments. Ici, sentiments délicats. Sollicitude, proximité, douceur, amour. Pour les émotions qui les accompagnent, il faut plutôt voir du côté des variations dans l’expression des sentiments, ou de la mélodie.  On remarquera notamment des variations dans la force ou le volume, dans le rythme, la cadence, dans le velouté des notes, dans les intervalles, dans la hauteur des notes . A écouter quelques secondes avant de tout écouter. Il s’agit toujours de transmettre un mouvement.

Augmentation du volume, de la hauteur des notes et de la cadence : insistance, persuasion, importance, des sentiments exprimés sur le moment. Ex : Après la quiétude, le bonheur de la première partie et pour accentuer encore l’idée d’un fossé qui commençait à s’exprimer : https://youtu.be/w_z9oSn-eIM?t=90 et qui pourrait tourner à la dispute

Retour à la douceur des notes, du toucher : caresse Toute la tendresse s’exprime là après la pression . 

https://youtu.be/w_z9oSn-eIM?t=119

Allongement des intervalles (2 à voir ) :

https://youtu.be/w_z9oSn-eIM?t=178 Instants de suspension, Confiance dans la symbiose. .

https://www.youtube.com/watch?v=w_z9oSn-eIM  

Autre interprétation moins d’engagement, moins de relief, moins de sensualité  

https://www.youtube.com/watch?v=UtB_lRrA13U

Publié dans : Schubert | le 31 mars, 2019 |Pas de Commentaires »

MUANCE

Une naissance, une métamorphose, une mue sont toujours des moments fascinants sinon d’émerveillement.

Dans ce qui était, il y avait déjà ce qui apparaît, mais c’était si subtil, si caché qu’on ne le voyait pas. Dans ce premier mouvement, on assiste souvent à cela.

C’est un peu comme ces nuées d’oiseaux qui voltigent au-dessus de la mer. Selon leur plan de vol, leur direction, leur orientation par rapport au soleil, elles deviennent en un instant brillantes, éclatantes de blancheur, puis sombres et inquiétantes. Le phénomène, ici, n’est pas aussi rapide, mais il est de cet ordre. Dès le début on oscille. Tout du long, il y a un suspense, une attente..

Toujours ce qui était léger et doux devient oppressant, ce qui était grave, sombre, se révèle charmant, plaisant. Et on passe de l’un à l’autre de façon tout à fait naturelle, sans heurt Le plaisir que l’on tire vient du fait que l’on est soi-même le siège de toutes ces métamorphoses (impressions forte) , comme si une main invisible caressait la fourrure intérieure de notre corps pour lui donner, tantôt un aspect terne, triste, tantôt un aspect soyeux et brillant.

https://youtu.be/4Ndbwuyt_0g?t=75

Publié dans : Saint-Saens | le 30 mars, 2019 |Pas de Commentaires »
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