EX NIHILO

On sait que les mots et leur sens renvoient à d’autres mots et d’autres sens -tout cela étant le résultat de notre éducation, de notre conditionnement socioculturel . Ainsi on construit le monde. Ou plutôt on le continue. Mais que construit-on avec des sons ?

Quel problème cela poserait-il d’imaginer une musique qui sort des pierres, du sol, des troncs d’arbres, qui tombe du ciel, qui naît du vide, tout naturellement ? (pour ainsi dire sortie des mains des musiciens et de leur instrument qui sont faits de pierre, de bois, de terre, d’air et de vide) Une musique absolument étrangère au monde de la culture, au monde des mots. Une musique que ne peut atteindre aucun jugement, aucune idée.  Une musique qui n’aurait pas la nature de tout ce que nous connaissons. Des sons qui n’auraient pas de noms. Des sons qui ne réveilleraient pas nos sentiments familiers. Des sons et des combinaisons de sons dont l’effet sur nous serait encore inconnu, mystérieux. Des effets sans nom donc. Mais une musique quand même de par l’intention qu’elle révèle. Combien de temps une telle musique pourrait-elle tenir alors que des tas de pensées assiègent déjà notre esprit .

(Par Shio Okui et Ken Kaneda)

 https://www.youtube.com/watch?v=_L7bZc9FWQY

Publié dans : Beethoven | le 29 août, 2019 |Pas de Commentaires »

ELLE EST TOUJOURS LA

prête à rejaillir quand on la croit disparue.

Des échos bien familiers, il me semble, dans ce morceau, pour les beethoveniens, et particulièrement l’écho de l’hymne à la joie. La joie donne même sa couleur à ce morceau. La gaîté même. C’est presque dansant par moment. Cette fantaisie date de 1808 alors que la neuvième est de 1824.

On peut se poser la question : a-t-il écrit ce morceau, volontairement sur le thème de la joie ? Etait-il joyeux et cette joie est-elle simplement passée dans sa composition ? Ou le résultat est-il l’effet du hasard ? /

Si on veut parler de la joie, le risque que l’on court, c’est d’utiliser des clichés, des idées convenues, des propos éculés. Ce n’est pas trop le risque en musique. En musique, si on réussit à inspirer la joie à l’auditeur, à illuminer son âme , c’est réussi. Si la créativité, les surprises, l’étonnement, sont au rendez-vous, c’est réussi. La joie, ici, semble peu à peu s’évanouir, et puis…

 https://youtu.be/PFUUfgt_qaM?t=335

Publié dans : Beethoven | le 28 août, 2019 |Pas de Commentaires »

C’ETAIT PAS PREVU

L’esprit humain est ainsi fait qu’il a besoin de savoir, de sécurité. Même quand on entend une musique, plus ou moins distraitement, on détecte la mélodie qui s’en dégage et on s’attend, on a envie, qu’elle continue sous une forme ou une autre. Ce sera déjà du familier. Ne pas savoir ce qui va suivre, être déconcerté, être pour ainsi dire cantonné dans un présent qui ignore l’avenir, on n’aime pas cela. Pourtant, la surprise est à ce prix. Et la surprise pourrait être bonne si on est capable de la goûter. Jouir du beau imprévu, voilà le challenge. On peut le faire ou on ne peut pas.

Voilà ce qui vous attend en écoutant la première partie de ce 3eme mouvement de la fantaisie de Chopin. Et après tout, cette disponibilité ou cette faculté pourrait aussi être valable pour la partie rapide. Enjoy, comme dit l’autre. Soyez neuf et innocent.

 https://youtu.be/5TDx8ygZDaA?t=468

Publié dans : Chopin | le 26 août, 2019 |Pas de Commentaires »

CHOPIN SCHERZO 1

Il n’y a qu’avec le piano que l’on peut donner cette impression d’agitation intérieure tellement paroxystique qu’elle entraîne aussi l’épiderme. Là aussi c’est comme si des impulsions traversaient le corps à une vitesse insolite. Cela vient de l’intérieur et cela remonte vers la surface, mais c’est entrecoupé de plages où l’on sent de l’hésitation en même temps que de l’apaisement comme si c’était une réponse possible à ce qui précédait. On a même l’impression d’une suspension;

Et puis, par contraste, il y a ces moments d’extrême douceur, ces moments de caresse, de tendresse, de sérénité, de charme, de délicatesse, d’amour auxquels on se demande comment on pourrait résister.

Quatre façons de jouer

Horowitz. Horreur oui, on comprend tout de suite qu’on a affaire à du haché menu, c’est éparpillé façon puzzle, mais en tout petits morceaux. C’est Chopin qui a endossé une ceinture d’explosifs et l’a déclenchée. Inutile de continuer.

https://www.youtube.com/watch?v=-7Rkx4mtS7Y

Zimerman, oui, mais pourquoi les passages rapides donnent-ils l’impression d’être un flux de notes indistinctes ? Pourquoi cela manque-t-il de relief ? Peut-être parce que l’agilité extrême des doigts n’est plus au rendez-vous et que le pianiste court après son exécution ;

Pourquoi à certains moments, les passages lents donnent-ils l’impression d’être joués mécaniquement ?. Pourquoi les notes, dans ces moments si importants, ne sont pas du genre à rester gravées ? Il y manque une sorte d’épaisseur.

https://www.youtube.com/watch?v=8yzkBsswWuU

Oui.; Plus de relief. Même si, par moment, cela manque d’inspiration et de douceur dans les passages lents.

https://www.youtube.com/watch?v=JY5rnkbYCyA

C’est ici que que l’on sent la respiration, ici que l’on sent les ondulations, ici que les silences sont pleins, ici que les notes sont significatives et peuvent être soyeuses, ici que le temps et l’espace acquièrent une nature différente, ici que l’on a vraiment l’impression que le morceau prend naissance à chaque instant parce qu’il est habité .

https://www.youtube.com/watch?v=glMLrtH8K1U

 

Publié dans : Chopin | le 25 août, 2019 |Pas de Commentaires »

BORODINE ET IGOR

Elles sont arrivées, après une petite introduction musicale, en faisant tourner autour d’elles des voiles semi-transparents de différentes couleurs si bien qu’on ne les voyait quasiment pas sauf très furtivement , on ne voyait que ces couleurs qui semblaient danser ensemble. Et puis, rapidement, d’autres voiles ont envahi et occupé la scène, très nombreux. qui se sont mis à filer, à se croiser, à se superposer, à se recouvrir à tournoyer en tous sens à toute vitesse. C’était une féérie légère de couleurs changeantes , de mouvements à la fois harmonieux et exubérants. De temps en temps des lumières éclatantes jaillissaient et montaient au milieu de ces voiles.

On reconnaîtra un thème qui a été repris dans les années 50 pour en faire une chanson célèbre.

https://youtu.be/YQh2UCA_cOY?t=152

Publié dans : Borodine | le 24 août, 2019 |Pas de Commentaires »

HARPE

Un instrument anachronique.

Vous faites une petite croisière en mer. Vous finissez par vous laisser bercer par les mouvements lents du bateau, par le chant de la mer, par les cris des oiseaux, par le vent marin qui vous grise un peu. Vous perdez la notion du temps. En fait, vous n’êtes plus vraiment sur terre, vous appartenez à un autre temps, un autre espace. Vous êtes dans un tiède demi éveil. Et la musique que vous n’écoutez pas mais que vous entendez plus ou moins, par intermittence épouse la fuite des vagues, la fuite du vent, Elle a la couleur du ciel. Elle flotte. Elle enlumine discrètement, et gracieusement ce moment privilégié .C’est le deuxième mouvement du concerto pour harpe de Glière. Suit le troisième dont vous reconnaissez le thème.Gai, alerte, réconfortant,

 https://youtu.be/AUrvEOeNp1I?t=683

Et puis, dans ces conditions, un oiseau vous a emporté dans les airs, et vous avez plané très haut dans l’azur :

https://youtu.be/nheif2BuFz0?t=1196

 

Publié dans : Gliere | le 22 août, 2019 |Pas de Commentaires »

QUE FAIT LISZT

Liszt est souvent une sorte d’anti-Chopin. Chez Chopin, les silences sont pleins, chez Liszt, ils sont vides. Chez Liszt, les notes sont figées, chez Chopin elles ne le sont pas. Chez Chopin, le mouvement est suggéré par tout un tas d’éléments, certains non rationnels, chez Liszt, ce sont les notes seules qui sont responsables du mouvement. Chez Chopin, il y a un esprit, une unité de l’oeuvre, chez Liszt, on a parfois l’impression d’avoir affaire à des tableaux successifs.

Il faut penser au jazz. Les pianistes de jazz jouent du piano comme s’ils étaient à la batterie. Le rythme est roi. La percussion est reine. Dans le jazz, on improvise. On a aussi l’impression que jouer Liszt, c’est improviser. Il faut imaginer un solo de batterie, où il serait possible de produire des notes avec les baguettes.

On peut aimer ce jeu, cette inventivité, ces prouesses, cette virtuosité, ce feu d’artifice de notes. Il s’agit de se laisser entraîner, d’épouser le rythme, de goûter le plaisir de faire totalement abstraction de soi.

Souvent, disais-je, mais pas toujours toujours.

https://www.youtube.com/watch?v=slBTGrSXiNw

Publié dans : Non classé | le 21 août, 2019 |Pas de Commentaires »

MOZART SONATE K 332

(Premier mouvement.)

Trouver le sens. Donner du sens. Cela n’a pas de sens. Quel sens cela a-t-il ? Donner plus de sens. Corriger le sens. Suivre le sens. Pour que cela ait un sens. Demander le sens. Il faut qu’il y ait un sens. C’est le sens que je donne. Ce sens a-t-il du sens ? Parler du sens. Perdu le sens. Le vrai sens . Le sens de ma vie.

 Non !

La vie n’a pas de sens.

Play again.

Again.

https://www.youtube.com/watch?v=Aw4kMpi9B1I

Publié dans : Non classé | le 20 août, 2019 |Pas de Commentaires »

BALLADE 4 DE CHOPIN

Première partie.

Battements légers. De paupières ou même de cils. Puis quelque chose se met en route. Et c’est comme l’illustration d’un temps intérieur, très subjectif, qui s’écoule lentement, presque uniformément, n’étaient les petites variations causées par de menus événements psychiques. On pourrait aussi penser, cela va ensemble, à un petit air que l’on se fredonne tout bas. C’est en effet doux comme un intérieur intime. Parce qu’en soi, il ne se passe rien ou pas grand-chose. Alors on tourne un peu en rond. Mais perturbation, la quiétude s’en va. Lutte contre l’élément perturbateur. Cela s’accélère. Le temps passe plus vite. Les notes évoquent cette gêne.cette révolte jusqu’à un miracle (4 minutes) C’est surmonté. On reste soi-même. De nouveau la transparence. De nouveau la détente. De nouveau le temps qui prend son temps. De nouveau la respiration calme. De nouveau le bien-être intérieur. Douceur infinie…Que peut-il se passer à partir de là ? Un morceau de musique n’est pas une démonstration logique ou une histoire suivie. Il s’agit de paysages ou de mouvements intérieurs. Quand on a enlevé les images et les pensées qui passent alors, il ne reste que des parfums et des traces sensibles. Ce sont celles qui sont ici évoquées quand on se laisse aller. Mais la sérénité est toujours là.

 https://www.youtube.com/watch?v=k2Bflw3tMuA

Publié dans : Chopin | le 19 août, 2019 |Pas de Commentaires »

PATINAGE ARTISTIQUE

Le couple s’est élancé sur la glace.  Dès lors, il n’y aura plus un instant de répit à part 2 ou 3 stop and go. Tantôt il la parcourt ensemble rapidement en changeant sans cesse de direction (orchestre) tantôt toute l’attention est concentrée sur elle, (piano) il ne fait que l’accompagner, la porter, la tenir ou s’éclipser (orchestre) Les surprises se succèdent. Ce ne sont qu’impulsions soudaines, qu’élans renouvelés, que tourbillons, que figures gracieuses, qu’enlacements brefs et parfaits, le tout harmonieusement enchaîné. Fluidité constante. Ralentissements, accélérations, le mouvement est partout, même dans le mouvement lui-même,il les anime.  C’est comme si leur vitesse assurait leur cohésion et comme si l’allégresse s’était emparé d’eux et expliquait leur vivacité folle. .

Ce 3eme mouvement du concerto 23 de Mozart se prêterait magnifiquement à ce genre de prestation. (pousser un peu le son pour l’ambiance)

 https://youtu.be/-s68kHOnpiE?t=1186

 

Publié dans : Mozart | le 18 août, 2019 |Pas de Commentaires »
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