VERSATILE

250e anniversaire de la naissance de Beethoven comme on le sait.

A chaque pianiste son Beethoven. Il n’est pas possible que ce qu’un pianiste ressent en jouant ne passe pas dans sa façon de jouer. Il n’est pas possible que le plaisir pris ne soit pas communicable. Tous les artistes savent quand ils sont dans un bon jour ou un mauvais jour. Et le public aussi.

Seulement c’est difficile à définir. Cela ne s’enseigne pas dans les écoles, au contraire.

A côté de la puissance, de la fougue, de la volonté que l’on sent souvent chez Beethoven, il y a aussi des moments de méditation, de tendresse, de doute, de fragilité. Ces moments sont probablement plus difficiles à mettre en valeur que les autres. Ici, on est entre les deux et Maria Eydman épouse très bien ces changements d’humeur. .

Comme un être bourru qui soudain se fait délicat, comme un maître exigeant qui soudain devient affectueux, comme des pauses dans la discipline que l’on n’oublie jamais.

Deuxième mouvement de la sonate 6

https://youtu.be/5IbQpjcDYn0?t=342

Publié dans : Beethoven | le 10 août, 2020 |1 Commentaire »

JEAN-QUI-RIT, JEAN-QUI-PLEURE

Je sais, c’est bizarre, mais je ne souhaite jamais m’inscrire dans une démarche que l’on reconnaîtra (instruire, faire découvrir, faire aimer, plaire, plaider, honorer etc), je ne souhaite pas m’inscrire dans l’ordre des choses comme tout le monde. Si je le fais, c’est malgré moi, et parce que je ne suis pas doué.

C’est une rencontre personnelle avec la musique, c’est satisfaire mon désir, c’est me faire du bien, que je veux, pas servir une idée, une tradition, un ordre établi etc

Récemment, certains articles n’ont guère eu de succès, peut-être parce qu’on les aura pris pour des sortes de poèmes qu’on n’a pas appréciés. (exemple : réveille-toi) En réalité, c’est simplement que j’ai essayé de trouver des formes de langage, des sons, des structures et des rythmes qui ressemblaient au morceau présenté. Parce qu’avec du sens, on retombe facilement dans du convenu.

Et là, je récidive sur un autre thème avec un très court passage de 45 secondes (pour ne pas allonger l’article) .

Oreille, es-tu là ?

Selon la théorie quantique, un état peut posséder plusieurs valeurs en même temps (plusieurs spins, plusieurs positions) . C’est pareil avec le piano ou quand deux instruments jouent en même temps. Le jeu de la main gauche peut vous mettre dans un certain état, et le jeu de la main droite dans un autre, le jeu d’un instrument dans un état, le jeu de l’autre dans un autre. . Mais comme il n’y a qu’un auditeur, il faut bien que l’on puisse être simultanément dans un état A et dans un état B. Cela ne se produit pas tout le temps, et quand cela se produit, il y a des degrés.

Donc prenons la jolie sonate de Mendelssohn pendant 45 secondes (à 3mn15) 

Avec le piano seul pendant quelques instants, c’est le romantisme que j’aime, qui assume tous les sentiments modestement. Des accents mozartiens. Le violon reprend la mélodie, la porte plus haut à tous points de vue – un état d’âme qui s’affirme, qui s’extériorise – mais pendant ce temps-là, simultanément, si on entend bien le piano, de haut en bas, sur un rythme assez rapide, plusieurs fois, c’est comme un petit appel plaisant à la retenue, il se moque très gentiment. Un zest de dérision superposé à un romantisme qui s’exalte un peu dans un seul bonhomme.

https://youtu.be/hEQsjAVtZYY?t=154

Publié dans : Ecoute | le 9 août, 2020 |Pas de Commentaires »

INSTANTS VOLES

Le plus important, ce n’est pas ce qu’on entend, c’est ce qu’on n’entend pas, le plus important, ce n’est pas la durée très courte de tous ces petits phénomènes atmosphériques ou naturels – gouttes volées à la fontaine par la brise et jetées sur une flaque pour qu’elle frissonne, formes sombres évanescentes à la surface de la fontaine, rayons de soleil furtifs et vifs comme l’éclair – c’est cette intermittence, ce temps entre deux phénomènes, aussi imprévisible qu’un oiseau sur une branche

Rien ne s’enracine, rien ne pèse, rien ne dure, rien ne reste, sauf cette précarité dont on devine que l’origine est profonde. Sourires et rembrunissements

Premier mouvement de la sonatine de Ravel Ici les doigts lourds ne sont pas de mise.

https://www.youtube.com/watch?v=uFLsJrQ-III

Publié dans : Ravel | le 8 août, 2020 |Pas de Commentaires »

MUSIQUE ET POESIE, 2

Un petit détour

Gainsbourg.  Passage de « Nuit d’octobre  » de Musset

https://www.youtube.com/watch?v=msktp2cX0qc

Catherine Sauvage (disparue récemment) . Passage de « Bierstube magie allemande » (contexte fin de la première guerre) d’Aragon

Musique de Léo Ferré

https://www.youtube.com/watch?v=8f3cfW9qiek

bauh

Lyonel Feininger (Bauhaus – à contre-courant)

Publié dans : Poesie | le 7 août, 2020 |Pas de Commentaires »

LES COQUELICOTS

Dans un coin de verdure, au bord d’une rivière, un soldat saigne abondamment.

Il vient d’être touché mortellement

De sa forme immobile, endormie, tombent de grosses gouttes de sang.

Paisibles elles aussi, mais pressées . Fascinant !

C’est comme un don involontaire du dormeur à la nature

D’abord coquelicots à la surface, le sang se met à filer dans le courant

Formes sans cesse changeantes, ondoyantes, que l’on suit du regard

Le soleil parfois met de la passion dans ce tableau aquatique

Mais rien ne console celui qui médite sur cette fuite ininterrompue

Il lui semble qu’éclaircies et assombrissements se succèdent

Le rouge pâlit dans le lointain

La réalité est là, devant lui, dans les profondeurs, incompréhensible.

Deuxième mouvement de la sonate 10 de Beethoven (du moins la première partie)

https://youtu.be/UIV-jHW6y-E?t=634

Publié dans : Beethoven | le 6 août, 2020 |Pas de Commentaires »

DUO PARFAIT

Un accord parfait.

Ne quittez pas des yeux les deux mains et entendez avec vos deux oreilles les deux sources. Ne vous focalisez pas.

Quel délice que ces passages de notes plus élevées de la main droite à des notes plus graves de la main gauches et inversement

Si elles ne se succédaient pas si rapidement, si elles ne s’enchainaient pas aussi naturellement, le contraste serait mieux repéré pour la satisfaction de l’intellect. Mais il ne s’agit pas de cela.

Il s’agit de s’éveiller à la vivacité des sens.

Quel délice que cette répartition des rôles, cette superposition qui nous permet d’entendre une mélodie et en même temps une autre histoire musicale, de l’autre main

Quel délice ce passage instantané de l’une à l’autre main. Voir comment la mélodie passe de l’une à l’autre à la vitesse de l’éclair

Quel délice ces expressions musicales si touchantes successivement par la main droite et la main gauche

Par moment, on peut avoir l’impression que deux pianistes différents jouent ensemble tellement les différences sont marquées mais en accord. Deux mondes différents se superposent

Ce sont de vraies mains qui font cela, elles le font vraiment même si on pourrait en douter tant la musique est servie sur un plateau

Et tout ça, tout ça, avec une énorme sensibilité .

https://youtu.be/2tg2Q6M-3O0?t=1076

Publié dans : Tchaîkovsky | le 5 août, 2020 |Pas de Commentaires »

MUSIQUE ET CINEMA

Un vrai défi artistique de marier une séquence de film et une musique. Marier est le mot juste. Il faut qu’elles soient faites l’une pour l’autre. Il faut qu’on ait l’impression que c’est naturel, la musique et les images sont indissociables, inséparables.

Témoins pour moi ce moment de vrai bonheur avec l’idylle naissante entre Rose et Jules dans le film  » La gloire de mon père  » Film délicieux, rare, avec des personnages principaux lumineux.

C’est la valse 2 de Chostakovitch qui orchestre cette idylle. C’est une musique très charmante, mais elle acquiert une autre dimension, une vraie épaisseur avec ce passage.

Beaucoup plus experts que moi en informatique, je ne vous donne pas de lien pour le film que j’ai vu sur internet. Le passage est à partir, environ, de 17 minutes.

https://www.youtube.com/watch?v=phBThlPTBEg

Publié dans : Chostakovitch | le 4 août, 2020 |Pas de Commentaires »

GENESE

Au commencement, il y avait le monde des sens. Sur ce monde des sens (dont l’ouie) est venu se greffer le monde du sens apporté par les autres.

Dans ce blog, on essaie parfois de faire le chemin inverse. On retrouve le sens qui a bien pu se poser sur des sons.

Pensées douces-amères, tempérées par un peu de dérision. Quand il ou elle se croit seul(e) il ou elle chantonne en s’occupant et en caressant la petite idée qui sommeille au fond de son esprit. Une idée à peine formée, mais têtue. Douce et secrète. Du plaisir. Du rêve. Une idée à laquelle on ne renoncera pas. Par moment stimulante, par moment insistante.

Ce petit leitmotiv, que vous reconnaîtrez j’espère, au portrait que j’en ai fait, sert de thème au compositeur pour son improvisation. Les pensées font des petits. Mais il ne le perd jamais de vue.

Premier mouvement de la sonate 10 de Beethoven

https://www.youtube.com/watch?v=UIV-jHW6y-E

Publié dans : Beethoven | le 4 août, 2020 |Pas de Commentaires »

IL EN EST AINSI

quand on quitte le monde stable, tranquille, familier

avec ce que l’on ne peut pas maîtriser,

ce que l’on ne peut pas réprimer,

ce dont l’origine et le ressort nous échappent.

Si ce n’est pas tellurique, c’est au moins physique

il y a la sensation que quelque chose se prépare

il faut se laisser aller, se laisser ébranler même dans les moments forts

Pas de prise aux sentiments, à la raison.

Il en est ainsi quand on est secoué de l’intérieur, pour des raisons diverses mais importantes.

S’il y a de l’émotion, c’est plutôt de l’inquiétude, de l’appréhension

il en est ainsi aussi avec les passages plus lents

il faut se laisser aller

pour profiter des moments où, en remontant, les secousses s’affinent et deviennent agréables.

L’humain reste profondément humain jusqu’au fond de ses entrailles

c’est pourquoi les meilleurs moments restent

Chopin scherzo 3 

https://www.youtube.com/watch?v=_-WXehzMPyM

Publié dans : Chopin | le 2 août, 2020 |Pas de Commentaires »

MUSIQUE INCARNEE

Mains et doigts masculins et féminins. Il y a des différences. Cela se ressent forcément indépendamment du talent, du génie musical. Je préfère ne pas approfondir faute de connaissances sérieuses.

Mon sujet est la sensation. Et si on était sensuel ? On ne peut pas gommer complètement l’instrument et ne considérer que la note, gommer l’humain et ne considérer que l’oeuvre. Il n’y a pas que les notes, c’est comme un cadeau, il a de nombreuses façons d’offrir un cadeau donné

Quand la sensualité est éveillée, elle se propage, elle fleurit, elle ne reste pas obscure ou indifférenciée. Que dit votre sensualité c’est à dire votre épiderme, votre corps et votre esprit qui lui donnent des formes et de la force. Vous aussi, explorez le sujet. La sensualité aime la surprise dans le contact, toujours.

Ecouter en état de sensibilité maximum . Il y a deux Beethoven. C’est clair.

Deuxième mouvement de la sonate Appassionata de Beethoven

https://youtu.be/0Ak_7tTxZrk?t=644

https://youtu.be/LtWWo8H5D_Q?t=665

Publié dans : Beethoven | le 1 août, 2020 |Pas de Commentaires »
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