LA GAÎTE MOZART

Le troisième mouvement de cette sonate pour 2 pianos est certainement le plus connu. L’envie de jouer de Mozart est à son comble. Il pourrait accompagner une joyeuse fête. Le deuxième mouvement contient quelques thématiques qui ne seront pas inconnues des mozartiens, on repense aussitôt à d’autres œuvres du compositeur ;

Ici, il s’agit du premier mouvement. Il y a plus de gaîté, plus de légèreté, plus d’allant, plus de conviction chez les jeunes en général, n’est-ce pas. Il fallait cela (malgré le petit hic d’Adrian entre deux pages) pour évoquer les courses poursuite effrénées, les sauts, les glissades, les inventions, et les retours réguliers à des moments malicieux, tendres, complices. Soit les deux pianos s’imitent, se font écho, soit l’un encourage l’autre. Tout un univers que les gens trop graves, trop sérieux ou qui se croient très importants ne comprendront pas.

https://www.youtube.com/watch?v=Fo26IvnQuWA

Publié dans : Mozart | le 25 juin, 2019 |Pas de Commentaires »

ÊTRE SURPRIS

On a une idée conditionnée de la musique, on a une idée conditionnée de ce que doit être une interprétation, on a une idée conditionnée de ce que sont les compositeurs et les interprètes, on a une idée conditionnée de ce que l’on peut attendre d’une musique, on a des jugements conditionnés,  on a une idée conditionnée de ce que l’on sait et de ce que l’on comprend, on a une idée habituelle de nos rapports avec la musique. Pour vraiment entendre, ce n’est pas génial. Pour être surpris, encore moins.Car en principe, la musique est au-delà, en amont de toutes ces considérations.  Et les mouvements ont tendance à être le parent pauvre de notre écoute. Dommage pour notre implication, pas idéal pour vraiment apprécier un morceau. Ce n’est pourtant pas une question de cours à prendre.

Reprenons Chopin, si instructif à ce sujet. Le piano a ceci de particulier qu’il peut fonctionner comme s’il y avait 2 interprètes en même temps, donc on peut avoir deux effets de mouvement en même temps. Etant donné tout ce qui précède, les entend-on ou plutôt y sommes-nous sensibles ?

https://www.youtube.com/watch?v=QPiCrh4a5JY&list=PL9fm1liGDWdfViwovK5nKF6FopIF2u9yX&index=6

Pour la main gauche, par exemple, le rythme d’un cheval boiteux au petit trot

Pour la main droite, le rythme d’un chien minuscule qui lui court après. A la fin le cheval s’arrête et le chien aussi, exténué.

Beaucoup plus intéressant et délicat pour ce Prélude. On peut écouter spécifiquement, un moment, le jeu de la main gauche, puis, spécifiquement, celui de la main droite, afin de saisir ce qu’ils nous inspirent 

https://youtu.be/xdLTZ72_i6A?t=228

Main gauche. Cela bat un peu comme un pouls. Pas sourdement mais presque. Cela bat proche de soi. Cela bat parfois un peu plus fort, mais le rythme est globalement conservé. On n’attend pas de surprise. Sauf que c’est sensible à ce que fait ou dit la main droite. ;

La main droite. Le rythme est souvent encore plus lent. Parfois il parle un peu plus haut, parfois est un peu plus fort. Moment où il n’y a plus que lui. Quiétude.. Ce sont des sentiments tranquilles. Assurés. Et on a l’impression que la main droite épouse le rythme des sentiments qui s’ajoutent, qui s’expriment, spontanément. C’est le coeur qui parle à son rythme. Mais quand il a quelque chose de plus important à dire (vers la fin) le pouls  (main gauche) bat plus fort en même temps.

Réécouter.(notamment les juxtapositions)

Publié dans : Chopin | le 24 juin, 2019 |Pas de Commentaires »

BOUGEZ PLUS

Pour un certain philosophe honni, la première qualité de la nature est le mouvement. .

Si les notes de musique apportent le charme, l’enchantement ou des sentiments puissants – effet des rapports entre les notes successives, des notes qui s’aiment disait Mozart – le mouvement apporte plutôt les sensations. Mais rien n’est possible sans les notes en musique. Un mouvement rectiligne uniforme est comme rien. Pour savoir qu’on est en mouvement, il faut des repères extérieurs : les notes qui passent. L’accélération ou la décélération est ressentie sans avoir besoin de référents extérieurs. Mais l’accélération ou la décélération, en musique, passe par les notes. L’effet produit s’approche plus ou moins de la sensation physique. Le mouvement en musique est suggéré, bien sûr, mais il a un effet rapide et quasi garanti :  https://youtu.be/Wi6OG01T6JA?t=47

Le mouvement est plus lent, plus ample, plus progressif ici.  On est porté, soulevé, emporté lentement. L’introduction orchestrale :

https://www.youtube.com/watch?v=tALWE-7QmiE

Il y a différentes sortes de mouvements : selon la trajectoire que l’on suit : rotation, courbe, montée ou descente,éloignement ou rapprochement, sauts, chocs, stop and go, secousses. Les rythmes modernes privilégient les secousses, l’agitation, la trépidation.Le tambour est fourni avec. (Auparavant on parlait de coliques frénétiques, maintenant, on a la musique frénétique. Cela convient bien à la vie moderne stressée :  pour votre santé, bougez plus…si vous n’avez pas le temps, bougez plus vite )

Pour suggérer ces mouvements, obtenir l’effet, on joue sur la hauteur des notes, sur leur force, sur leur rythme ou cadence, sur les silences. On peut aussi combiner les effets : rotation ascendante : hauteur et petite variation de hauteur et de force. Eloignement : rythme et force. etc On peut aussi conjuguer des mouvements différents avec plusieurs instruments. Avec un violon et un piano, par exemple, https://youtu.be/8uPGz7NU-mk?t=215

En musique, bouger plus, c’est être conscient des mouvements, plus impliqué par eux.

La sensation sans la mélodie risque d’être stérile. La mélodie presque sans sensation (ou mouvement) risque d’être superficielle. Il est clair que les interprétations les plus plates, les plus insipides sont celles où les mouvements sont les moins bien mis en valeur.

Ce n’est pas le cas ici : https://youtu.be/IrVERH_Tkv8?t=1440

 

Publié dans : Mouvement | le 23 juin, 2019 |Pas de Commentaires »

METEMPSYCOSE

Reprise de la ballade 1 de Chopin (monter le son qui est faible)

Appuis pour s’élancer, et à mesure qu’elle s’élève, elle devient plus légère, plus fine, si fine et si légère qu’elle reste un moment en suspension dans sa lumière. Maintenant, elle se balance, elle flotte, oscillant comme une plume duveteuse, montant et descendant un moment, et finit pas se poser et par reprendre sa forme et sa consistance. Maintenant, ce sont des petits pieds qui piétinent qui s’élancent, s’élèvent. On devine, au-dessus, le corps gracile et les bras fluets qui se courbent à volonté et se déploient . Elle est caresse pour tout ce qui l’entoure. Maintenant, elle tourne., comme aspirée pas sa propre légèreté. .

Puis ( 1 mn 23) petits pas précipités qui ralentissent, s’arrêtent. Encore. Elle semble inspecter le lieu comme une danseuse seule inspecte la scène. Puis ,c’est un tourbillon qui s’endiable dont elle sort pantelante, languissante.

Moments de transition entre son et silence, moments de suspension entre mouvement et immobilité, moments d’hésitation, moments d’accélération et de décélération, moments d’élans et moments de rotation, .moments de mutation dans un espace tout intérieur . .Presque papillon tellement elle est vive, presque libellule en partie transparente tellement elle peut planer. Rien n’est réel en effet les notes d’Aimi se dissolvent, rejoignent un lieu connu du seul auditeur, un lieu en soi où les suspensions, les hésitations, les élans, les sons sont chez eux. . Le décor et la danse sont rêvés, imaginaires. Tout est mouvement si on veut bien en prendre conscience. Les notes ne sont qu’une moitié de la question, le mouvement est l’autre moitié. Le mouvement, les déplacements dans la musique correspondent à des déplacements d’une autre nature à l’intérieur de soi. Où est la frontière ? Il n’y en a pas. Il ne reste plus que cette musique intérieure et ces déplacements intérieurs. Etant donné la façon dont c’est joué, rien ne s’oppose en effet à ce que tout cela se passe en soi. Les notes ne sont déjà plus des sons, elles font partie de soi. On les absorbe comme l’air absorbe les parfums..Tout est parfum, tout est poésie, tout est mouvement.  Or c’est le but : la métempsycose.

 https://www.youtube.com/watch?v=_oIoitG9RsI

 

Publié dans : Chopin | le 21 juin, 2019 |Pas de Commentaires »

LE PLAFOND NOIR

Comme si Scriabine avait rencontré Chopin et avait ajouté à l’arrière-plan profond de la Russie un peu de l’ineffable musicalité du franco-polonais.

Méditation sur la lumière qui ne viendra plus. Des feuilles ont beau se poser sur la dalle, frissonner et s’envoler, le soleil d’été a beau la réchauffer, des brises tièdes la caresser, la rosée a beau la faire briller par endroits, des chants d’oiseau et des bourdonnements d’insectes ont beau se mêler, des pleurs et des voix ont beau se faire entendre, des tempêtes ont beau se déchaîner, on la sent indifférente, sourde, imperturbable. Tout s’évanouit. Elle cache un monde que ne visite plus le soleil, un monde froid, humide, tremblant parfois, qu’on ne fera jamais que survoler.

« Il fait noir, enfant, voleur d’étincelles !
Il n’est plus de nuits, il n’est plus de jours ;
Dors… en attendant venir toutes celles
Qui disaient : Jamais ! Qui disaient : Toujours !

Entends-tu leurs pas ?… Ils ne sont pas lourds :
Oh ! les pieds légers ! — l’Amour a des ailes…
Il fait noir, enfant, voleur d’étincelles !

Entends-tu leurs voix ?… Les caveaux sont sourds. » (Corbière)

(premier morceau, je suis imperméable au second malgré Koba )

https://www.youtube.com/watch?v=sY_ZaCtZvhs

Publié dans : Scriabine | le 20 juin, 2019 |Pas de Commentaires »

LA CONSOLATION

Deuxième mouvement du concerto 15 de Mozart.

Quelques éléments de compréhension. Un rythme régulier, calme, assez lent, au piano notamment, rassure, et en ce sens est agréable quand il est une exception, quelque chose de passager (et non une règle comme chez Bach) Un rythme régulier – certains en ont fait un usage intensif et malsain – ne peut manquer de nous gagner. On se met au diapason. Un rythme régulier, prédominant, permet de bien faire ressortir toutes les variations momentanées. Variations dans le rythme, variations dans la hauteur des notes. (et éventuellement variations dans la force) Il permet de mettre en évidence les mouvements qui l’égaient ou le troublent. On est plus sensible à ces derniers. C’est facile à remarquer ici.

Le premier effet de ce mouvement est de rassurer, de calmer. Le deuxième effet est d’adoucir. Le troisième effet est d’envelopper, d’embrasser. On en a besoin après une épreuve, une blessure. Quelqu’un vient ou quelque chose arrive, et on est transporté dans un monde douillet, un monde rêvé, un monde affectueux, un monde qui a toutes les qualités que je viens de citer. C’est ainsi de haut en bas. La répétition nous rassure encore davantage. Il y a des petites allusions à ce qu’on pourrait dire, penser, à ce qu’on a enduré qui permettent d’établir un contact fort, de savoir qu’on est compris.. Pas de heurts, pas de hiatus. La vie s’illumine. Enchantement. On ne touche plus terre. On peut goûter pleinement, se laisser aller et écouter. tout . .

https://youtu.be/2fkWTtSVcAE?t=639

Publié dans : Mozart | le 19 juin, 2019 |Pas de Commentaires »

DECHAÎNEE ENCHAÎNEE

Aimi Kobayashi

aimi3

Il était une fois, au pays du Soleil-Levant et des enfants obéissants, une petite fille qui ne voulait pas jouer du piano comme tout le monde . Elle l’utilisait pour s’exprimer, pour exprimer le feu qui coulait dans ses artères, la passion qui l’animait, la sensitivité et la sensualité qui étaient les siennes, sa personnalité propre. Le piano était son instrument, un moyen. Il lui obéissait, envoûté qu’il était. Il était sa chose. Elle en faisait ce qu’elle voulait. C’est qu’elle était surdouée au plus haut point. Elle faisait éclore les notes sous ses doigts, elle le faisait gémir de plaisir, elle le frappait sauvagement. Elle transfigurait les œuvres qu’elle interprétait avec une variété de touchers extraordinaire. Pas la moindre trace d’effort ou d’application chez elle. Souvent, elle ne regardait même pas ce qu’elle faisait. .

Il était une fois une petite fille qu’on a laissé s’épanouir quand elle était très jeune, qu’on a commencé à encadrer sérieusement quand elle est devenue adolescente, qu’on a disciplinée, domestiquée, qui a dû s’assagir quand elle est devenue adulte et qu’elle s’est mise à concourir dans les compétitions prestigieuses. (on lui dit de jouer les bras près du corps. En avant calme et droit comme écrivait Gide) Quand on vient du pays du Soleil-Levant, on obéit, on se range, on se soumet. Adolescente, elle est devenue plus raisonnable. En 2015, elle joue entièrement emprisonnée dans un corset. Le piano devient son maître, son but après avoir été son jouet.

On ne peut pas aimer le jeu de la jeune Aimi si on a la moindre idée de la façon dont on doit jouer, et la moindre idée de la façon de jouer une œuvre ou un compositeur. Le piano et l’oeuvre étaient pour elle un moyen de s’exprimer. C’est elle-même qu’elle met en musique en quelque sorte à travers les compositeurs qu’elle joue.

https://www.youtube.com/watch?v=dhZUdqV3JPI

. On ne peut qu’être choqué quand elle montre sa sauvagerie si on ne laisse pas remonter la violence qui existe en soi, si on ne prend pas plaisir à la voir s’exprimer. On n’a qu’à la vouloir. On ne peut pas apprécier la jeune Aimi si on n’accepte pas la proximité immédiate entre la violence et la douceur en soi, car elle manifeste cette proximité avec des contrastes de toucher ahurissants. On ne peut pas l’apprécier si on n’est pas intéressé par la sensualité. Mais on a tous quelque chose d’Aimi.

Après l’épisode malheureux de 2015, elle s’est détendue. Elle joue remarquablement bien, mais elle ne se distingue pas des autres pianistes classiques en ce sens qu’elle sert les œuvres et non elle-même. C’était inévitable probablement. C’est devenu un métier. Fini le feu. Fini les brasiers. Fini la sensualité. Fini les étreintes. Le volcan s’est éteint. Elle ne joue plus avec presque tout son corps.

Fini ça : https://www.youtube.com/watch?v=mZ2YHJGbP0g (voir son plaisir à la fin)

Et pourtant, elle jouait l’impromptu 1 de Chopin à 11 ans en artiste

https://youtu.be/PX57r1l5W3U?t=110

Elle jouait vers 13 ans avec une puissance et une profondeur extraordinaires la sonate Waldstein de Beethoven

https://youtu.be/xo5AFX0216A?list=PL13C549F0D870B769&t=33 

et Héroïque, cela veut dire guerre . Attention !

https://youtu.be/eItTRN6Zawo?t=42

A peu près à la même époque, une intensité que vous aurez bien du mal à retrouver ailleurs (dommage pour le son, vraiment!)

https://www.youtube.com/watch?v=iWCFZxGP2AY

Elle jouait vers 15 ans avec une finesse et une sensualité inégalables le concerto en fa mineur de Chopin.

Début du piano du mouvement 1 https://youtu.be/eeMqUR90zGo?t=140

Fin du moment dramatique et retrouvailles dans le mouvement 2 https://youtu.be/RhBq8SO1F88?t=332

Elle jouait encore un peu plus tard avec une densité et une sensibilité incroyables la sonate 2 du même compositeur.

https://youtu.be/NBxIhCn1FS4?t=780

 aimi1

On ne l’oublie pas.

https://www.youtube.com/watch?v=_oIoitG9RsI

petal

Archive : concerto 2 de Chopin joué vers 13 ans ; 

https://www.youtube.com/watch?v=xZXnTdIPHI8

Publié dans : Kobayashi | le 18 juin, 2019 |Pas de Commentaires »

LE BLEU DE LA ZENITUDE

Le goéland, porté autant que suspendu. Presque immobile. Silencieux. Puis dérivant en biais quelques instants. Se remettant à battre des ailes, nonchalamment, comme par lassitude. Planant encore en inclinant parfois sa tête pour observer. Volant plus loin, tout droit. Puis virant brusquement sur l’aile pour descendre en peu de temps au ras des flots.

 »  Mouette a l’essor mélancolique,
  Elle suit la vague, ma pensée,
  A tous les vents du ciel balancée,
  Et biaisant quand la marée oblique,
  Mouette a l’essor mélancolique.

  Ivre de soleil
  Et de liberté,
  Un instinct la guide a travers cette immensité.
  La brise d’été
  Sur le flot vermeil
  Doucement la porte en un tiède demi-sommeil. « (Verlaine)

https://youtu.be/EuJqKCgHUo0?t=657

Publié dans : Rachmaninov | le 18 juin, 2019 |Pas de Commentaires »

LES REPRODUCTEURS

Il y a la musique qui fait partie de la culture, et la musique qui n’en fait pas partie.

On a toutes les informations, toute la documentation que l’on peut lire, sur le web ou ailleurs, concernant l’histoire, les oeuvres, les compositeurs, les styles etc

On a tous les éléments qui entrent dans la composition de la musique, tous ses constituants. Tout un savoir que l’on peut dégager, décortiquer, transmettre, partager.

On a toutes les techniques d’interprétation visant à mettre en valeur ces constituants, ces éléments. On en fait aussi un savoir que l’on transmet. Tout cela, c’est la culture. On peut y penser, en parler, discuter. Ce sont des généralités. Pas besoin d’auditeurs, c’est une affaire d’initiés, de connaisseurs. Pourquoi donner des concerts ou vendre des disques ? La tendance générale d’un savoir est de se conserver et de se perpétuer. Les jurys des concours récompensent les pianistes qui appliquent leur propre savoir.

Et puis il y a le fait, d’abord, que la musique s’adresse à un sens – et non pas à la raison ou l’intelligence – qu’elle stimule en tant que phénomène physique des individus , en amont de toute pensée, de tout savoir, de tout jugement.

Il y a le fait que c’est la sensibilité d’un individu singulier, on peut dire unique, qui est stimulée. 

Et il y a le fait que cette musique prend naissance, se développe dans l’individu, en fonction, cette fois-ci, de toute son expérience, de son histoire, de son tempérament, de ses dispositions, de sa sensibilité propre. Et donc, une musique donnée ne donne naissance à presque rien chez A, et a un pouvoir, un effet extraordinaires sur B. Rien n’explique cela, on ne peut pas en faire un savoir. Aucun raisonnement ne peut faire que A devienne B ou B devienne A. .

C’est à chacun d’essayer d’approfondir pour lui-même.

Donc parmi les questions que chacun peut se poser il y a :

Quelles sont les œuvres qui ont le plus d’effet sur moi ? (et quelles sont les œuvres qui ont de plus en plus ou de moins en moins d’effet sur moi)

Quelles interprétations (orchestre et instruments) donnent à entendre le plus de choses ?(nuances, détails)

Quels interprètes stimulent le plus ma sensibilité ?

Qu’est-ce qui se révèle en moi ?

Et donc, il y aurait lieu d’être attentif à connaître ces oeuvres, attentif à ce qu’on entend, attentif à sa propre sensibilité, attentif à ce qui apparaît en soi, . Dans les trois derniers cas, cela veut dire que vous avez fait demi-tour, ce n’est plus la culture, la référence, c’est vous-même. Et c’est profondément subversif car on ne peut pas aller en même temps, dans deux directions opposées. .

 Pour moi , catastrophe au violon : https://youtu.be/Scf3_BTL3WQ?t=62 (et c’est en tête sur youtube)

comparé à cela par exemple https://www.youtube.com/watch?v=UOGvgHaxeY4

Publié dans : Melomane | le 17 juin, 2019 |Pas de Commentaires »

PAS QUE LE PLAISIR

Je pense qu’il ne nous vient pas à l’idée de vouloir que nos émotions et sensations soient nécessairement belles ou sources de plaisir. C’est pareil en musique dont le but est d’exprimer tout ce qu’il y a au fond de nos conscience singulières. La musique, ce n’est pas obligatoirement de la dentelle. Avec ce scherzo 2, de Chopin, on est servi. Il y a de l’action, des surprises. D’un côté, semble-t-il, il y a de la passion, de la colère, presque de la brutalité. Cela cogne. (mets-toi ça dans le crâne) Gare ! Et quand cela s’exprime, la pression monte. monte. . De l’autre côté (apparition à 3mn 10) , on a une certitude intime qui permet de rester toujours très proche de soi et de s’exprimer avec une patience infinie et toute la douceur possible. Seulement les choses ne sont pas aussi simples. On passe insensiblement de l’un à l’autre en plusieurs occasions. Le mur qui s’opposait devient mousse, les fragiles, fines et longues antennes qui se déployaient et se rétractaient acquièrent soudain de la force et deviennent lierre, ronces. Les deux se mélangeant, se combinant par moment . Mais ce qui reste au fond, c’est quand même une forme de plaisir. Dans cette action. Dans ces contrastes. Dans ces surprises, particulièrement dans l’extrême dureté et l’extrême douceur qui se succèdent. dans le fait que l’on puisse passer de l’une à l’autre .

La passion, cela se vit, la douceur, cela ne s’imite pas, et puis il faut quand même de la poésie, c’est pourquoi j’ai encore pris la jeune Kobayashi, la plus vraie, la plus vivante justement dans l’interprétation.Elle fait sentir l’unité du morceau, c’est à dire que ce serait la même personne qui éprouverait tout ce qui est exprimé..

 https://www.youtube.com/watch?v=wrznjkSXW5A

Publié dans : Chopin | le 16 juin, 2019 |Pas de Commentaires »
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