BORODINE ET IGOR

Elles sont arrivées, après une petite introduction musicale, en faisant tourner autour d’elles des voiles semi-transparents de différentes couleurs si bien qu’on ne les voyait quasiment pas sauf très furtivement , on ne voyait que ces couleurs qui semblaient danser ensemble. Et puis, rapidement, d’autres voiles ont envahi et occupé la scène, très nombreux. qui se sont mis à filer, à se croiser, à se superposer, à se recouvrir à tournoyer en tous sens à toute vitesse. C’était une féérie légère de couleurs changeantes , de mouvements à la fois harmonieux et exubérants. De temps en temps des lumières éclatantes jaillissaient et montaient au milieu de ces voiles.

On reconnaîtra un thème qui a été repris dans les années 50 pour en faire une chanson célèbre.

https://youtu.be/YQh2UCA_cOY?t=152

Publié dans : Borodine | le 24 août, 2019 |Pas de Commentaires »

HARPE

Un instrument anachronique.

Vous faites une petite croisière en mer. Vous finissez par vous laisser bercer par les mouvements lents du bateau, par le chant de la mer, par les cris des oiseaux, par le vent marin qui vous grise un peu. Vous perdez la notion du temps. En fait, vous n’êtes plus vraiment sur terre, vous appartenez à un autre temps, un autre espace. Vous êtes dans un tiède demi éveil. Et la musique que vous n’écoutez pas mais que vous entendez plus ou moins, par intermittence épouse la fuite des vagues, la fuite du vent, Elle a la couleur du ciel. Elle flotte. Elle enlumine discrètement, et gracieusement ce moment privilégié .C’est le deuxième mouvement du concerto pour harpe de Glière. Suit le troisième dont vous reconnaissez le thème.Gai, alerte, réconfortant,

 https://youtu.be/AUrvEOeNp1I?t=683

Et puis, dans ces conditions, un oiseau vous a emporté dans les airs, et vous avez plané très haut dans l’azur :

https://youtu.be/nheif2BuFz0?t=1196

 

Publié dans : Gliere | le 22 août, 2019 |Pas de Commentaires »

QUE FAIT LISZT

Liszt est souvent une sorte d’anti-Chopin. Chez Chopin, les silences sont pleins, chez Liszt, ils sont vides. Chez Liszt, les notes sont figées, chez Chopin elles ne le sont pas. Chez Chopin, le mouvement est suggéré par tout un tas d’éléments, certains non rationnels, chez Liszt, ce sont les notes seules qui sont responsables du mouvement. Chez Chopin, il y a un esprit, une unité de l’oeuvre, chez Liszt, on a parfois l’impression d’avoir affaire à des tableaux successifs.

Il faut penser au jazz. Les pianistes de jazz jouent du piano comme s’ils étaient à la batterie. Le rythme est roi. La percussion est reine. Dans le jazz, on improvise. On a aussi l’impression que jouer Liszt, c’est improviser. Il faut imaginer un solo de batterie, où il serait possible de produire des notes avec les baguettes.

On peut aimer ce jeu, cette inventivité, ces prouesses, cette virtuosité, ce feu d’artifice de notes. Il s’agit de se laisser entraîner, d’épouser le rythme, de goûter le plaisir de faire totalement abstraction de soi.

Souvent, disais-je, mais pas toujours toujours.

https://www.youtube.com/watch?v=slBTGrSXiNw

Publié dans : Non classé | le 21 août, 2019 |Pas de Commentaires »

MOZART SONATE K 332

(Premier mouvement.)

Trouver le sens. Donner du sens. Cela n’a pas de sens. Quel sens cela a-t-il ? Donner plus de sens. Corriger le sens. Suivre le sens. Pour que cela ait un sens. Demander le sens. Il faut qu’il y ait un sens. C’est le sens que je donne. Ce sens a-t-il du sens ? Parler du sens. Perdu le sens. Le vrai sens . Le sens de ma vie.

 Non !

La vie n’a pas de sens.

Play again.

Again.

https://www.youtube.com/watch?v=Aw4kMpi9B1I

Publié dans : Non classé | le 20 août, 2019 |Pas de Commentaires »

BALLADE 4 DE CHOPIN

Première partie.

Battements légers. De paupières ou même de cils. Puis quelque chose se met en route. Et c’est comme l’illustration d’un temps intérieur, très subjectif, qui s’écoule lentement, presque uniformément, n’étaient les petites variations causées par de menus événements psychiques. On pourrait aussi penser, cela va ensemble, à un petit air que l’on se fredonne tout bas. C’est en effet doux comme un intérieur intime. Parce qu’en soi, il ne se passe rien ou pas grand-chose. Alors on tourne un peu en rond. Mais perturbation, la quiétude s’en va. Lutte contre l’élément perturbateur. Cela s’accélère. Le temps passe plus vite. Les notes évoquent cette gêne.cette révolte jusqu’à un miracle (4 minutes) C’est surmonté. On reste soi-même. De nouveau la transparence. De nouveau la détente. De nouveau le temps qui prend son temps. De nouveau la respiration calme. De nouveau le bien-être intérieur. Douceur infinie…Que peut-il se passer à partir de là ? Un morceau de musique n’est pas une démonstration logique ou une histoire suivie. Il s’agit de paysages ou de mouvements intérieurs. Quand on a enlevé les images et les pensées qui passent alors, il ne reste que des parfums et des traces sensibles. Ce sont celles qui sont ici évoquées quand on se laisse aller. Mais la sérénité est toujours là.

 https://www.youtube.com/watch?v=k2Bflw3tMuA

Publié dans : Chopin | le 19 août, 2019 |Pas de Commentaires »

PATINAGE ARTISTIQUE

Le couple s’est élancé sur la glace.  Dès lors, il n’y aura plus un instant de répit à part 2 ou 3 stop and go. Tantôt il la parcourt ensemble rapidement en changeant sans cesse de direction (orchestre) tantôt toute l’attention est concentrée sur elle, (piano) il ne fait que l’accompagner, la porter, la tenir ou s’éclipser (orchestre) Les surprises se succèdent. Ce ne sont qu’impulsions soudaines, qu’élans renouvelés, que tourbillons, que figures gracieuses, qu’enlacements brefs et parfaits, le tout harmonieusement enchaîné. Fluidité constante. Ralentissements, accélérations, le mouvement est partout, même dans le mouvement lui-même,il les anime.  C’est comme si leur vitesse assurait leur cohésion et comme si l’allégresse s’était emparé d’eux et expliquait leur vivacité folle. .

Ce 3eme mouvement du concerto 23 de Mozart se prêterait magnifiquement à ce genre de prestation. (pousser un peu le son pour l’ambiance)

 https://youtu.be/-s68kHOnpiE?t=1188

Publié dans : Mozart | le 18 août, 2019 |Pas de Commentaires »

OBSESSION

Un, deux, trois, quatre, un, deux, trois, quatre….

Comment se libérer d’une obsession ? Des pensées légères essaient de se déployer mais elles sont ramenées à l’obsession. Des réflexions essaient de donner à l’obsession un autre visage, de la dénouer pour en tirer des choses plus agréables et surtout plus variées, mais l’obsession reprend le dessus. Et puis il y a des moments où elle semble s’éloigner, où un calme relatif s’installe, où l’on commence doucement, prudemment, à exprimer ce qui se passe au fond de soi. Mais rien à faire, elle revient

Non seulement la musique de Robert Schumann est souvent grave, sombre, comme s’il lui manquait l’expérience d’une voix très féminine, non seulement elle est plus souvent rude que douce, mais elle est tourmentée. Il faut pouvoir se laisser tourmenter soi-même, entrer dans les secousses de son âme

Premier mouvement du quartet en E flat major.

https://www.youtube.com/watch?v=pkyIasXviaQ

Publié dans : Schumann | le 17 août, 2019 |Pas de Commentaires »

COEUR ROMANTIQUE

La lune n’a-t-elle pas perdu son mystère depuis qu’on l’a explorée. Continuera-t-elle à inspirer les écrivains ou les compositeurs ? Heureusement, la lumière reste quelque chose de magique dont celle qui donne à la lune son caractère fantomatique et diaphane.La lune est un astre mort, certes, mais on lui doit les marées et toute l’activité qui s’ensuit. On lui doit notre existence,sans elle la terre s’égarerait dans l’espace. On lui doit d’être une présence muette qui ne cesse d’interroger.

Rusalka : une création de Dvorak. La plupart des versions sont chantées.

 https://www.youtube.com/watch?v=g0yt_RThjzE

Publié dans : Dvorak | le 16 août, 2019 |Pas de Commentaires »

D’OU VIENNENT LES SONS ?

Et si on écoutait les silences …Tous les silences ne se valent pas. Entre les mots d’une parole qu’on aime, ce n’est pas la même chose qu’entre des aboiements de chien. On goûte le silence en fonction de l’état dans lequel on se trouve et en fonction de notre intérêt pour lui ou de ce qu’on en attend. Ennui, appréhension, espoir, attente, détente, etc ce n’est pas la même chose. On les vit différemment. La musique étant censée nous faire partager des émotions ou d’autres ressentis, cela aura un effet sur notre façon de vivre les silences. Mais être attentif aux silences et à ce qui se passe à cette occasion rejaillit sur la façon d’écouter la musique.

Ensuite il y a les rapports plus formels entre les sons et les silences. Est-ce que les sons estompent, remplissent, enlacent, rejettent les silences, s’immiscent en eux ? Comment se passent leurs relations ?

 https://youtu.be/LH2_0q5UnLw?t=1042

 

Publié dans : Mozart | le 15 août, 2019 |Pas de Commentaires »

PLASTICITE

C’est comme si je recevais d’un coup 300 lettres.

C’est un mouvement, par exemple, (le premier) que je connais bien pour avoir écouté ce concerto 2 de Chopin un très grand nombre de fois. Je ne peux donc pas dire que je suis surpris par les notes qui suivent les notes que j’entends. Et pourtant, à aucun moment, je ne me dis que c’est téléphoné , que la suite est contenue dans ce qui précède, que cela se déroule selon le plan que je comprends. Je ne dirai pas comme le poète «  tu peux m’ouvrir cent fois les bras, c’est toujours la première fois «  (Aragon) mais ce n’est jamais ennuyeux.

La raison, je crois, c’est que chaque note est pleine de signification, chaque note est à elle seule un sujet passionnant, chaque note me parle comme ne le font pas celles de bien d’autres compositeurs. En fait, c’est comme si elle était libre, en partie, et non pas intégrée dans un ensemble

Cela vient du fait que chez Chopin les silences semblent aussi significatifs, aussi importants que les notes. C’est pourquoi vous remarquerez combien c’est mouvant, combien le mouvement change, évolue. Cherchez donc à vous situer. (La relativité, il l’avait devinée bien avant Einstein) ,Les notes sont libres parce qu’elles donnent l’impression de pouvoir se mouvoir . Et nous aussi du coup.

Le mouvement, au fond, est la seule chose qui relie les sens qui n’ont pas de sens au sens, qui n’a pas de sens. (quel dommage que, pour raisons personnelles, il n’ait pas écrit d’autres concertos)

Le piano sur lequel Aimi joue (probablement du XVIIIe siècle comme indiqué) donne des sons très secs, arides. C’est insolite, mais cela fait mieux ressortir le mouvement.

 https://www.youtube.com/watch?v=xZXnTdIPHI8

Publié dans : Chopin | le 14 août, 2019 |Pas de Commentaires »
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